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La mouche

Ah les années 80… Ses synthétiseurs, ses premiers jeux vidéo, le walkman… Et son Cronenberg.  Oui parce qu’à force de parler de la team Spielberg, on oublie souvent que ce Canadien tourmenté a lui aussi marqué cette décennie.  Avec quatre films suffocants, il s’impose comme le cinéaste viscéral de la chair, le maitre des univers glaçants et complexes. Bien plus qu’un film fantastique, La mouche contient toutes les obsessions Cronenbergiennes.

la mouche afficheSynopsis : Seth Brundle est un jeune biologiste très doué. Il met au point une invention qui doit révolutionner le monde : la "téléportation". Les essais sur un babouin étant concluants il décide après des fuites dans la presse, de tester sa machine lui-même, pour s’assurer de son fonctionnement. Seulement il ne s'aperçoit pas qu'une mouche fait partie du voyage.

Il est difficile de croire que La mouche est un remake d’un film de 1958 avec Vincent Price (La mouche noire). L’original faisait de la transformation en insecte le point de départ, et la transformation se limitait à la tête. Cronenberg est lui bien plus intéressé par la mutation elle-même. Il livre ici une étude littéralement entomologique de la transformation progressive du héros, notamment grâce à une approche métaphysique et sexuelle. Abordant autant le changement physique que mental de Brundle qui sombre dans la folie, Cronenberg fascine par son détachement scientifique.
la mouche brundle
Vous voyez quand on vous dis que les U.V c'est dangereux !

Mais c’est là l’intelligence du cinéaste. Ce détachement apparent fonctionne car il a au préalable installé une histoire d’amour fusionnelle puissante entre le héros et la journaliste qui suit l’expérience. Sans cet attachement fort de l’un envers l’autre, il n’y aurait aucun intérêt à suivre l’étude de cette mutation.  La transformation de Brundle devient aussi horrible visuellement qu’insupportable sentimentalement. Cela peut paraitre bizarre à lire, mais croyez nous, La Mouche est aussi une bouleversante histoire d’amour sur comment l’amour peut survivre après la maladie.
la mouche critique
Profites en, bientôt ce sera un peu dégeu...

Niveau mise en scène, Cronenberg adopte son légendaire ton sombre et cru, proche du malsain comme il sait si bien le faire. Du babouin à moitié décomposé, en passant la chute des dents de Brundle, jusqu’à la scène du bras de fer sans oublier un accouchement traumatisant, Cronenberg reste en permanence à la limite entre film d’horreur et fantastique.  Aidé par les effets spéciaux formidables du génial Chris Wallas (l’inventeur des Gremlins !) le talentueux Jeff Goldblum lui aussi  injecte à merveille toute sa folie inquiétante dans ce personnage de scientifique condamné.
brundle mur la mouche critique
Vieux trucage, scène mythique

Trop souvent réduit à sa dimension de film d’horreur, La mouche est bien plus que cela. C’est la version Cronebergienne de La belle et la bête. Un film qui dissèque autant l’anatomie humaine qu’il pose la question de la maladie dans un couple. Fascinant, glaçant et profondément brutal… Et pourtant si émouvant. Cronenberg quoi.

Pr Wicked

 

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Un film de David Croneberg
Avec Jeff Goldblum, Genna Davis

Tag : fantastique, horreur, cronenberg, la mouche


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