50 nuances plus sombres

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Mercredi 8 mars. Il est un peu moins de minuit lorsque les lumières de la salle 7 du Gaumont Opéra, quasi-complète, se rallument après la séance de 50 Nuances plus Sombres. Entre rires gênés et remarques moqueuses, votre fidèle servante, accompagnée de deux amies, sort hébétée du pire film qu’elle ait vu depuis une éternité.

Déjà plus de deux ans que le phénomène littéraire 50 Shades of Grey a débarqué au cinéma. On ne reviendra pas sur la catastrophe qu’a été le premier film, énorme malaise de près deux heures où deux acteurs à l’alchimie aussi existante que la mémoire d’un poisson rouge tentent de nous faire croire à l’érotisme d’une relation abusive entre Anastasia, une jeune femme inexpérimentée et Christian Grey, un pervers narcissique milliardaire (oups, on est un peu revenus dessus quand même, pardon). Cette fois les choses changent derrière la caméra. Sam Taylor-Johnson, réalisatrice du premier opus et en froid avec l’auteur E.L James, a claqué la porte des deux autres films, les laissant au réalisateur James Foley. Et parce que c’est en famille qu’on fait les pires soupes, le propre mari d’E.L. James écrit cette fois le scénario. Vous l’aurez compris, ça partait très mal.

Et en plus ça essaye de se prendre pour Kubrick...

Et en plus ça essaye de se prendre pour Kubrick…

 

« Cinquante Nuances Plus Sombres » débute alors que le pauvre Cricri s’amuse à jouer au harceleur de catégorie 1. Désespéré qu’Anastasia ait décidé de claquer la porte de la Chambre Rouge à la fin du premier film, il compte bien la récupérer. Cette fois, il lui propose une relation « sans contrat, sans règles, sans secrets ». Bref, une « amourette vanille », à laquelle Anastasia va céder au bout d’environ dix minutes de film, parce que la résistance en adamantium de cette jeune femme atteint ses limites quand on lui offre un nouveau PC et un nouveau téléphone. Merveilleux.

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Un téléphone et un ordi = une balade.
Ana l’intransigeante

Le truc, c’est que Cricri continue de se comporter comme un harceleur de la pire espèce. Jaloux, possessif, manipulateur, voulant avoir un contrôle absolu sur l’apparence d’Anastasia et sur ce qu’elle voudrait introduire (ou non) dans son vagin. Il incarne toujours le pire prototype d’un pervers narcissique, mettant sa vie sur les épaules d’une jeune femme fragile et naïve. Tout cela pourrait paraître secondaire mais son attitude est ici glorifiée et pas franchement remise en cause de la part d’Anastasia. On assiste donc comme dans le premier opus à un enchaînement de fausses péripéties, suivies de disputes, suivies de scènes de sexe désespérément fades représentant environ dix minutes de film, montre en main. Le tout sur une B.O. composée de reprises de Coldplay et d’un featuring entre Taylor Swift et Zayn Malik. De quoi avoir envie de s’arracher les tympans en plus des yeux, la photographie du film atteignant le niveau zéro.

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Bon ben si même les acteurs s’emmerdent…

Car soyons honnêtes, si le premier « Cinquante Nuances » n’était pas brillant, il avait pour lui l’avantage d’avoir une réalisatrice et un directeur photo (Seamus McGarvey, qui a fait des merveilles récemment sur « Nocturnal Animals ») suffisamment talentueux pour offrir quelques bonnes idées et teintes visuelles. Ce qui n’est absolument pas présent ici.

Bref, pour un film censé émoustiller son public, le produit final est plutôt bien sage. La chair est même triste, tant les comédiens en non-jeu et la mise en scène fadasse achèvent de faire de ce 50 Nuances Plus Sombres un monument d’ennui problématique et involontairement drôle.

50 nuances plus sombres
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