Boardwalk Empire Saison 5

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Voilà, c’est fini. L’œuvre télévisée du très grand Martin Scorsese et du génial Terence Winter (« Les Sopranos ») est arrivée à son terme après cinq années de manipulations et de règlements de comptes sur fond de prohibition. Une série qui de par ses créateurs est la plus fastueuse, raffinée mais aussi brutale et profonde qu’on ait vue sur le thème du gangstérisme. Deux hommes qui savent qu’il faut arrêter une série quand elle est à son sommet.

Si cette série nous passionne depuis le début c’est que jamais Scorsese n’avait, malgré sa passion pour les gangsters, traité la période la plus ciné-génique du genre: la prohibition. Mais c’était pour mieux le faire qu’en 3h au cinéma. Quand ces deux experts de la saga mafieuse s’unissent c’est pour livrer sur 56 heures l’ascension, la chute ou la rédemption de tous les acteurs du trafic d’alcool de la côte Est des États unis dans les années 20. Une saga aussi violente que profondément humaine grâce à des personnages justes et complexes.
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Cette saison 5 est tout ce qu’on pouvait attendre du tandem : Excellent. Le meilleur adieu qu’on puisse imaginer pour ce type de saga. La série fait un bon dans le temps de 1925 (saison 4) à 1931, l’année de la fin de la prohibition, l’année de l’arrestation de Capone, l’année où les conséquences du crash de 1929 deviennent insurmontables. Un parti pris qui non seulement nous plonge dans un moment historique fascinant du pays, mais en plus qui offre un potentiel dramatique incroyable puisque chacun doit anticiper la fin de l’enrichissement par la vente d’alcool illégale. Comme si cela ne suffisait pas, on revient pour la première fois sur la genèse du personnage de Steve Buscemi, Nucky Thompson. Tout comme le fait « Le Parrain 2 », de la jeunesse de Nucky, on comprendra beaucoup du personnage.

L'enfance passionnante d'un Parrain

L’enfance passionnante d’un Parrain

Et puis il y a dans cette saison cette omniprésence du destin. Comme si chaque issue était inéluctable, que les jeux sont déjà faits, et que n’importe qui peut mourir n’importe quand. Qu’il s’agisse de l’évolution de Margaret (son ex-femme), Gillian Darmoddy (en asile depuis son arrestation), Nelson Van Alden, Capone, ou encore Eli (son frère), le Dr Narcisse, ou Chalky White, on comprend dans chaque épisode de cette saison que chacun a déjà joué ses cartes et doit maintenant en affronter les conséquences. A ce titre cette ultime saison est la plus poignante de toute car ce retour aux origines de Nucky mis en parallèle avec cette force du destin donne un sentiment puissant de boucle bouclée.

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La réalisation sobre, directe et prestigieuse est toujours de mise
. Chaque plan semble fait pour le grand écran que ce soit au niveau des détails de la reconstitution, de la bande originale, ou du montage. La sobriété est également le maître mot chez les acteurs. Loin du surjeu du méchant de la saison 3 (Gyp « Je suis Napoléon » Rosetti) chacun porte son personnage avec conviction et sincérité. De Michael Shannon jusqu’à Steve Buscemi sans oublier Stephen Graham (formidable Al Capone) la palette des personnages de cette série est non seulement passionnante mais le sort de chacun nous rive les yeux à l’écran
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Brutale, fascinante et tragique. Voilà ce qu’est cette saison finale de Boardwalk Empire.  Cinq ans de gangsters torturés viennent de s’achever dans un final Shakespearien bouleversant. On ne pouvait rêver plus bel Adieu.

Boardwalk Empire Saison 5
  • 6.00 / 6 6
1 vote, 6.00 avg. rating (91% score)

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