Helena Bonham Carter- L’héroïne Victorienne Moderne

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Il n’y a encore pas si longtemps, le couple Tim Burton-Helena Bonham Carter revisitait le glamour-macabre en paradant sur des tapis rouges vermeils. Depuis leur séparation (mais qui aura la garde de Johnny Depp ?), chacun vaque à ses occupations. Burton se rétame avec le bien triste et épuré Big Eyes, pendant que son ex-moitié squatte l’affiche avec Meryl Streep dans Les Suffragettes. Et pourtant, si le film (qui suinte la mise en scène académique) ne donne pas envie de débourser neuf euros, Bonham Carter nous y contraint. Décryptons cet étrange pouvoir de persuasion.

 

Sa vie, sa carrière et ses coupes de cheveux atypiques
HBC (contracté ainsi, cela sonne comme le nom d’une Banque Allemande) est une actrice Britannique avec un arbre généalogique assez impressionnant, constitué d’élites issu du milieu politique (son arrière-grand-père était premier ministre au début de la première guerre mondiale), économique ou artistique. Fort de cet atout, la demoiselle a également la chance d’être une tête d’ampoule (en forme de cœur ?). Enfin, elle est découverte et révélée par le réalisateur James Ivory qui lui offrent des rôles dans trois adaptations de roman : Chambre avec vue (1986) Maurice et Retour à Howards End en 1992. Sa parfaite maîtrise de la langue française (une tête, on vous dit !) lui ouvre les portes du cinéma français dans Portrait Chinois. Après un passage chez Woody Allen (Maudite Aphrodite) et Paul Greengrass (Envole-Moi), c’est dans Fight Club que le public tombe amoureux d’elle à travers Marla Singer, reconnaissable avec sa coupe de cheveux en pétard…

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Retour à Howard’s end – 1992


La Bonham Carter « Touch »
Avec son physique d’héroïne Victorienne, HBC se démarque clairement des canons de beauté
façon Julia Roberts ou Sharon Stone. Au premier abord, on pourrait la cantonner aux téléfilms d’époque poussiéreux, mais ce serait un peu con de ne pas capitaliser davantage sur ses grands yeux qui roulent, tantôt mutins, tantôt blasés ainsi que sur son air sagace et détaché. Cette femme transpire le théâtre, et on ne capte toujours pas pourquoi elle a dit non à Lars Von Trier pour Breaking the Waves (par pudeur à cause des scènes de nus). Dans Portraits Chinois, Fight Club et Conversation(s) avec une femme, elle incarne des personnages d’« outsiders » posant un regard critique, si ce n’est féroce, sur son entourage. Elle a ce pouvoir de transformer ces rôles ingrats de femmes sentimentalement instables en curieux objets de désir, parvenant à éclipser sans problème la beauté commune d’une Olivia Wilde ou d’une Elsa Zylberstein.

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Fight club

De stupéfiante à « stupéfix »
La Bonham Carter Touch, Helena la conservera dans la première partie de sa collaboration avec Tim Burton
. Une présence encore discrète qui prendra véritablement de l’ampleur avec Les Noces Funèbres (elle prête sa voix à l’héroïne Emily). Avant ça, elle campait les seconds rôles bienveillants, de l’amoureuse déchue (La Planète des Singes, Big Fish) à la mère de famille dévouée en retrait (Charlie et la Chocolaterie). Déjà à l’époque, ses paupières lourdes nous rappelaient celles de la sorcière Bellatrix Lestrange dans la saga Harry Potter. Une sacrée reconnaissance publique pour HBC qui allait habiter un rôle de sorcière hystérique de toute évidence fait pour elle. Pas étonnant qu’elle ait voulu prendre du galon dans les films de son gus, Tim Burton. (« Chéri, je crois que je devenue bankable ! »). Elle peut après tout, son nom prenait déjà toute la place dans un générique.

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Harry Potter

Helena au pays d’Hollywood
A l’exception du Discours d’un Roi et des Suffragettes, HBC se déchaîne. Niveau look improbable, elle se lance dans une compétition acharnée avec Johnny Depp à qui elle donne la réplique dans pas moins de cinq films. (Des Noces Funèbres à l’excellent The Lone Ranger). Niveau jeu, ça cabotine, ça danse, ça chante (Les Noces Funèbres, Sweeney Todd, Les Misérables). Elle devient « le pire cauchemar des enfants » (loin derrière Glenn Close, hein ?) en incarnant à la fois l’ennemie d’Alice et d’Harry Potter. Sauf que…bibidi babidi bou, la voici métamorphosée en Marraine la Bonne Fée dans l’adaptation de Cendrillon réalisé par son ex, Kenneth Branagh. (C’est une grande famille le cinéma…). Dans The Lone Ranger, elle occupe une grande place sur l’affiche pour dix minutes d’apparition. Lassante Helena ? Agaçante à se tourner ainsi vers la facilité, vous dites ? On n’est pas loin de penser comme vous…

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Alice au pays des merveilles

L’attraction HBC

En quelques années, on est passé du personnage attachant de la fumeuse angoissée à celui de la Mère Maquerelle pour littérature de jeunesse. Toutefois ce serait tout aussi facile de déconsidérer brutalement une actrice qui a su imposer sa marque à travers des rôles plus ou moins jubilatoires, à défaut d’être variés. Sous ses aspects de femme barrée, il faut voir en HBC une actrice britannique foncièrement attachée au registre classique caractérisé par la maîtrise du (sur)jeu. L’attraction HBC est mécanique, moins efficace mais encore bien réelle. La preuve, on s’est déplacé pour Les Suffragettes rien que pour sa trombine. Et bien mal nous en a pris !

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