Hercule à New York

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Que faisiez-vous lorsque vous aviez 22 ans ? Vous regardiez la télé ? Vous faisiez semblant d’aller à l’école ? Lorsqu’il avait cet âge, Arnold Strong, petit Autrichien d’1m88 à peine sorti de la puberté était lui déjà une star du culturisme en Europe, et a eu le bonheur (surtout pour nous) de tourner son premier film au États-Unis, pendant ses vacances probablement. Un chef d ‘œuvre entre péplum et urbanité, action et amour, mythologie et culturisme.

Quelle bonne idée que de faire descendre un demi-Dieu de l’Olympe pour « aller s’amuser » sur Terre. On est fin 60’s, donc « s’amuser » ça veut dire Sexe, Drogue et de Rock’n’roll. Mais le réalisateur est un petit malin, et il va prendre tout ça à contrepied ! Sa réflexion est la suivante : « Tout le monde s’attend à ce que je fasse un film trash, illustrant les dangers de la Ville. Je vais faire un film d’action moralement irréprochable ! On a une star du culturisme au casting quand même, c’est l’expression même de la pureté et de la bonne santé ! » Dont acte.

Zeus : "Fils, tu vas en classe verte à New york" Hercule" HOU cool ! merci papa !

Zeus : « Fils, tu vas en classe verte à New york »
Hercule » HOU cool ! merci papa !

De sexe non merci ! Si le jeu subtil de l’acteur, yeux grands ouvert et langue pendante, laisse croire que Hercules est intéressé par tout ce qui porte une jupe, il aura plutôt le bonheur de vivre une histoire d’amour platonique avec une jeune fille très moche et particulièrement niaise. Une relation dont le moment le plus érotique est une traversée de la 5e Avenue main dans la main. Fort heureusement, notre libido est titillée régulièrement, le moindre prétexte pour qu’Arnold nous montre ses gros tétons étant exploité (ACH JAAA !). Que ce soit pour prouver à un acteur de théâtre incarnant Hercules, parce qu’il doit prendre une douche (oui en plein dialogue, il se barre), ou pour faire une course poursuite en char romain, c’est la foire aux pecs disproportionnés, au slip moule burnes et au marcel trop petit. Fans de muscles imberbes, vous êtes prévenus, ça régale.

ACH ! il fait un peu chaud nein ?

ACH ! il fait un peu chaud nein ?

La drogue, c’est mal, semble nous susurrer le film. Même si apparemment réalisateur, responsable du maquillage et costumier ne semblent pas de cet avis. Notre préférence allant au preneur de son, qui coupe son micro 5 secondes avant la fin des prises de vues, ou le place son. Avec une star comme Arnold Strong et sa passion du corps tout beau tout propre, on ici est en mode #sain #bio #pilates. Plutôt que de montrer le New York des drogués et des gangs, on se promènera donc dans les plus hauts lieux touristiques de la Grande Pomme, et on ne pratiquera que des activités fitness/santé : lancer de javelot et de disque à Central Park, course de char, donc, à Broadway, concours d’haltérophilie sur un plateau de télévision, lutte gréco-romaine sur les docks de New York.. Un programme rafraichissant qui vous rendra beaux grands et forts (et peut être un peu Autrichien).

Mind...Blown !

Mind…Blown !

Pour le Rock’N Roll des 60’s aussi il faudra aller voir ailleurs. Trop mainstream. Trop facile pour un film qui parle de dieux grecs à New York de mettre du rock psyché, ou de la pop Dylanesque, Le réal c’est un malin. Là il s’est dit « il me faut autre chose.. hmmmm Grèce…Grèce… Oh ! Le Sirtaki !! ». Et voilà, coup de génie ! Une BO d’1h de Sirtaki qui vient délicatement souligner la moindre scène ou émotion. Une musique à peu près aussi épique que les scènes « d’action » où les coups de poings claquent comme un élastique de slip trop large, et où les hommes tombent comme des mouches alors qu’Hercules ne les frappe même pas.

L'homme qui fait tomber ses adversaires grâce aux vents de ses gestes !

L’homme qui fait tomber ses adversaires grâce aux vents de ses gestes !

Pour les effets spéciaux, idem. Le génie arrive à créer des effets visuels hors du commun avec peu de moyens : lorsque Zeus est sensé voler, il suffit de filmer le haut de son corps sur fond de ciel bleu ! Sans oublier l’épique combat entre l’Homme et la Nature, soit un ours inopportunément échappé du Zoo de Central Park qui vient embêter Hercules, qui ne l’entend pas de cette oreille, et lui tarte sa gueule à la récré. Le fait que l’ours se déplace comme un gorille (ou un homme dans un costume, on n’a pas bien vu, ça se passe la nuit) ne fait que rajouter à l’angoisse qui étreint le spectateur lors de cette scène monumentale.

ACH NEIN ! Un ours terrifiant !!

ACH NEIN ! Un ours terrifiant !!

Hercules à New York, c’est donc un excellent film des 60’s, qui en alignant le triptyque Flirt, Culturisme et Sirtaki, marque l’histoire du 7e Art par son ambition scénaristique, la puissance de sa mise en scène, et la violence de scènes d’action. Une claque qu’Arnold Strong regrettera pourtant à de nombreuses reprises, de manière incompréhensible. Tant qu’il sera obligé de changer de nom, pour opter pour un choix phonétiquement étrange : Schwarzenegger.

Hercule à New York
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