Kong – Skull Island

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Plus il y a d’univers partagés au cinéma, plus on rit ! Enfin, c’est certainement ce que se dit la Warner. Car après le lancement plus ou moins réussi de son DC Shared Universe, le studio se lance à la conquête d’un autre univers, celui-là peuplé de kaijus et autres gorilles géants. Après avoir remis Godzilla sur le devant de la scène il y a trois ans maintenant, c’est au tour de King Kong d’en avoir les honneurs, avant l’affrontement annoncé entre les deux monstres mythiques.

Nous voici donc en 1973, quelques heures après la fin de la guerre du Viêtnam. Une agence secrète, dont le nom ne vous sera pas inconnu si vous avez vu le Godzilla de 2014, arrive in extremis à commanditer une expédition sur la mystérieuse Skull Island. Militaires et scientifiques vont devoir faire équipe pour découvrir la faune de l’île. Vous devinez la suite, ils vont se retrouver face à un singe géant pas super-content que des humains décident d’apprivoiser son territoire

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« Kong, nous n’avons pas trouvé de bananes géantes »

Vous êtes-vous déjà retrouvés face à un film dont vous ne saviez pas s’il devait être pris au premier ou au second degré ? Où vous ne saviez pas s’il était normal de rire aux éclats devant certaines scènes censées être très sérieuses ? Si ce n’est pas le cas alors réjouissez-vous ! Kong Skull Island devrait changer tout ça. Parce que le film représente la quintessence de la perplexité ressentie devant beaucoup de blockbusters actuels.

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« Bon Kong il faut qu’on parle de tes accès de rage »

Contrairement à beaucoup de réalisateurs issus du milieu indépendant et lâchés sans expérience sur des blockbusters à 200 millions de dollars, Jordan Vogt-Roberts affiche pourtant des ambitions solides visuellement. S’il semble évident que cet homme a beaucoup trop vu Apocalypse Now en préparant le film qui aurait en fait pu s’appeler « Cinquante nuances d’orange », certains plans claquent, et Kong est iconisé via de nombreux plans très sympathiques. Ses effets spéciaux sont soignés, le reste du bestiaire aussi. Là-dessus, il n’y a pas grand-chose à redire.

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Chevauchée de la vache qui rit sur soleil couchant.
Turner- 1887

C’est sur le reste que l’on sera plus… circonspect, à défaut d’un autre mot. Le scénario aligne des poncifs sortis tout droit d’une autre dimension (« Les endroits les plus beaux sont aussi les plus dangereux », merci Tom Hiddleston). Les personnages sont à peine creusés, accumulent les poses improbables de top models (merci encore, Tom Hiddleston). Il est impossible de ressentir quoi que ce soit pour eux ; ce ne sont que des stéréotypes fades sans histoire. Il n’y a que Samuel L. Jackson et John C. Reilly qui sont là pour apporter un peu d’épaisseur à leurs rôles. Le meilleur à ce jeu reste Shea Wingham (Boardwalk Empire, Agent Carter et plus récemment Vice Principals) qui a l’air d’en avoir tellement rien à faire qu’on finit par compatir à sa galère.

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Retrouvez « Tom sexy single 81 » sur « adopte un chasseur de singe.fr »

Kong Skull Island, c’est donc une plongée de près de deux heures dans un enfer d’où surgissent parfois quelques blagues faisant mouche, mais où le reste des punchlines tombe à plat, et où l’émotion n’affleure nulle part. Cette sorte de fausse coolitude presque vulgaire et accentuée par l’excellente BO 70’s n’arrange rien à l’affaire. Sans forcément être une catastrophe absolue, Kong Skull Island déçoit. Et sa scène post-générique ferait passer la séquence d’introduction de la Justice League dans « Batman VS Superman » pour un chef d’œuvre de storytelling. Pas très engageant pour la suite.

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