La maison des ténèbres

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Fede Alvarez est le petit malin qui en 2013 a cloué le bec a pas mal de monde, nous y compris, en prouvant avec son « Evil Dead » qu’on peut faire un excellent remake d’un classique, si tant est qu’on a du talent. Talentueux donc, il revient cette fois avec un bon vieux Home invasion movie à l’ancienne. Et réussit une nouvelle fois à nous coller les miquettes. Depuis on Fede cauchemars (AHAHAHAH…hum).

Synopsis : Rocky, Alex et Money sont trois jeunes cambrioleurs amateurs mais bien organisés qui recèlent leur larcins dans l’espoir d’un avenir assuré. Apprenant que 300 000$ dorment chez un vétéran militaire aveugle,  ils décident alors de s’emparer de cet argent. Ce qui ne sera pas forcément si facile, en fait…

Le concept semble très simple  de prime abord (un cambriolage qui tourne mal) mais il est en fait plus riche qu’il ne parait. Alvarez vient changer la donne habituelle du bien contre le mal, en opposant des petits cons à une ordure. Du coup choisir son camp devient rapidement compliqué. Il expose clairement les motivations de chacun, et fait un film qui parle surtout des manières différentes de gérer un traumatisme. Sans poser de jugement évident, le réalisateur vous laissera donc orienter votre compas moral seul, jusqu’ à un certain point où à force de faire grimper la folie et d’exposer de plus en plus d’éléments, le doute n’est plus permis.

la maison des ténèbres critique

Nous apprenons à l’instant qu’il y aura un « Taxi 5 » et un « Stars 80, la suite ».

En plus de livrer un film intelligent, Alvarez  démontre aussi son art de la mise en scène. Comme le fit en son temps Mc Tiernan dans une certaine tour de cristal (Yippi kaye), maitriser le filmage de l’espace est le secret d’un thriller anxiogène. Il perverti ici une maison a priori inoffensive en labyrinthe de l’enfer. Chaque fenêtre, chaque porte, chaque escalier devient tantôt piège ou échappatoire, voir les deux à la fois. Le tout bien souvent dans la pénombre voir l’obscurité totale. Un parti pris gonflé qui pourrait perdre le spectateur, mais qui lorsqu’il est autant maitrisé immerge dans une ambiance bien flippante.

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ça a quand même vachement changé Fort Boyard…

A bon film, bon méchant, et à maison de l’enfer, proprio déglingo. Non content de faire de la maison un personnage, Alvarez fait du méchant le personnage le plus marquant, réduisant les « héros » à l’état de proies.  Il faut dire que Stephen Lang (Avatar, Into the badlands) est un vieux sacrément charismatique et imposant. Son vieil aveugle énervé (normal on le cambriole) bascule lentement vers le  croquemitaine taré. Danny Minette (Chair de poule) et jane Levy (Evil dead) s’en sortent plutôt pas mal, et font leur jobs de jeune chaire à pâté comme il faut.

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Le remplacement de Julien Lepers dans « Questions pour un champion » mal vécu chez les plus de 60 ans

Descente aux enfers suffocante à la moralité ambigüe, « La maison des ténèbres » est la preuve que peu importe le concept, si éculé soit-il, s’il est exécuté avec talent, on a un film efficace. Préparez-vous à serrer la main de votre voisin ou vos cuisses (ou autre chose si vous êtes dégueulasse), parce que Fede Alvarez ne déconne pas : il sait faire des films qui foute la trouille.

La maison des ténèbres
  • 5.00 / 6 6
1 vote, 5.00 avg. rating (83% score)

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Comments (1)

  • Otoharry says:octobre 19, 2016 02:05

    Tout à fait de votre avis

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