Les Gardiens de la Galaxie Vol.2

slide

En 2014, Marvel livrait sur nos écrans le meilleur film réalisé sur Captain America, avec Le Soldat de l’Hiver. Mais le studio cachait dans sa manche le projet le plus risqué de sa jeune histoire : un space-opera déjanté, sans aucune star à l’affiche ou presque. Une BO devenue culte et le début de la gloire pour Chris Pratt plus tard, « Les Gardiens de la Galaxie », réalisé par James Gunn, devenait l’une des plus célèbres franchises de la Maison des Idées.

Trois ans plus tard, revoilà la fine équipe de loosers, contraints une nouvelle fois de sauver la Galaxie. Toujours avec James Gunn à la réalisation et au scénario. Toujours avec un raton-laveur dépressif, toujours avec un héros canon, toujours avec un catcheur peint en vert et au premier degré imparable, toujours avec un arbre… très mignon… Bref, rien n’a changé ou presque d’autant plus que, détail important : la suite du premier film se déroule encore en 2014, là où les autres films ont rattrapé leur retard et semblent se dérouler l’année de leur sortie. On reste donc en 2014 dans une suite deux fois plus colorée, deux fois plus drôle, deux plus tout. Visiblement sous pression vu le carton du premier, James Gunn a mis les bouchées doubles dans tous les domaines. Ça s’en ressent, pour le meilleur et pour le pire.

groot guardiens galaxie vol 2

méfiez vous il fait des chèques en bois…

 

Le pire, c’est qu’après une ouverture en fanfare sur un tube bien connu d’Electric Light Orchestra (une fois encore, la BO du film est d’ailleurs une réussite, entre tubes bien connus et chansons plus confidentielles), le film sombre directement dans un ventre mou de près de trente minutes où chaque personnage se retrouve coincé à un endroit différent. Tactique pas sans intérêt et sauvée seulement par les dialogues de Gunn toujours aussi efficaces et un casting sans fausse note, les enjeux du film sont flous, encore. Une absence de méchants significatifs, un personnage attendu depuis longtemps qui débarque de manière un brin forcée, des easter-eggs opportunistes… Quand la machine tourne à vide, même si elle n’est pas déplaisante, on avoue se demander où Gunn veut en venir.

gardiens de la galaxie vol2

Tu aime la yondu ?
La YONDU SAVOYARDE ?!
AHAHAH

 

Le meilleur étant que l’écriture des personnages fonctionne davantage ici, chaque héros ayant du temps pour se pencher sur ses névroses. Le thème de la famille évoqué dans le Vol. 1 prend ici son envol et permet à tous une introspection étonnamment sombre sur leur vie. Car à bien y réfléchir, aucun d’eux n’a eu de vraie famille, et n’a été conçu dans un but familial. Ce sont des machines, des êtres modifiés dans le but de tuer. Soit l’antithèse de la famille. Les dynamiques entre Gamora et Nebula, ainsi que celle entre Peter et son père biologique Ego (Kurt Russell, impeccable), sont d’ailleurs les points forts du film.

gardiens de la galaxie vol2

on est une bande de potes on s’fend la gueule…

 

Et c’est lors d’une conclusion émouvante (fait rare dans les films peu émotionnels du MCU) que l’on réalise que plus qu’une équipe, ces mercenaires ont trouvé ce dont ils n’avaient jamais osé rêver : une famille. Si l’on peut hausser les yeux au ciel face à ce discours polissé et somme toute très américain, on sent une telle tendresse dans l’écriture de Gunn et une absence de cynisme rafraichissante qu’on finit par s’y prendre au jeu, comme dans le Vol.1. Aucune connexion avec les Avengers et de brèves évocations de Thanos seulement ; le film tient solidement sans ses camarades de jeu. Et en attendant Thor Ragnarok ou Avengers 3, on doit l’avouer : ça fait du bien.

Les Gardiens de la Galaxie Vol.2
  • 0.00 / 6 6
0 votes, 0.00 avg. rating (0% score)

Share this post Leave a comment

About The Author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *