Nancy Meyers, la lauréate

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Entre deux films de pirates de l’espace, nos petits cœurs de rebelles adorent fondre devant des comédies romantiques que certains qualifient cyniquement de « cuculs », ou « gnangnans ». Dans le cinéma contemporain deux noms sortent du lot en la matière : Richard Curtis (l’Anglais), et Nancy Meyers (l’Américaine). Après 6 ans d’absence Meyers revient avec « Le nouveau stagiaire », et donc on est tout contents ! Petit cours de rattrapage express sur cette cinéaste qu’on adore, pour les deux du fond qui dorment.

Sa vie, ses scénarii, et ses chaussettes :

La jeune Nancy attrape le virus du scénario en 1969 (elle a 20 ans), devant « Le lauréat » de Mike Nichols. Un des films fondateurs de la comédie romantique douce amère, avec « Diamants sur canapé » (1961). Après un diplôme de journalisme en 1972, elle se rapproche du milieu en écrivant pour la télévision (genre le juste prix). Elle y reste jusqu’au début des années 80, après quoi elle scénarisera la série « Baby boom » (1986) avec Diane Keaton. Puis les scénarios pour le cinéma débarquent et s’enchainent : « Jumping jack flash » (1988), le remake du « Père de la mariée » avec Dean Martin (1991), et « Les complices », avec Nick Nolte et Julia Roberts (1994). C’est donc logiquement que Meyers est amenée à sa première réalisation par Disney en 1998 pour une comédie romantique familiale : « A nous quatre ». Par contre, on n’a aucun renseignement sur ses chaussettes, mais ça faisait un chouette titre…

le lauréat

Ce soir Dustin va pécho une milf – Le lauréat – 1969

Signs of times:

Ce choc du « Lauréat » en 1969 est absolument fondateur dans l’écriture de Nancy Meyers. On trouve dans le film de Mike Nichols un instantané de la société contemporaine au film. Et ça, Meyers le fera dans tous ses films. De la working girl New Yorkaise en 1987 (Baby boom) au thème du divorce en 1998 (A nous quatre), sans oublier l’évolution de l’image de la virilité en 2000 (Ce que veulent les femmes), en passant par  l’amour entre personnes âgées et son viagra en 2003 (Tout peut arriver), ou encore le burn out de nos vies modernes en 2006 (The Holiday); Meyers écrit sur des thèmes de société contemporains souvent graves avec humour et légèreté. Voilà ce qui fait que ces films nous sont si proches.

Tout peut arriver

Après Baby boom avec Diane Keaton, Papy boom avec Diane Keaton.

 

Spice girls :

Autre influence permanente du « Lauréat », ce personnage féminin fort (Mrs Robinson), qui résonne dans chaque film de Meyers. Helen Hunt, Diane Keaton, Cameron Diaz, Kate Winslet ou Meryl Streep, sont soit des femmes actives déjà affirmées au sommet de leur carrière, qui devront gagner en humanité ou se remettre en question, soit des femmes pleines de doutes qui devront s’affirmer au travers des épreuves de la vie. Dans les deux cas, comédie romantique oblige, ce sera par leurs relations amoureuses que tout cela se passera.

Cameron_Diaz the holiday

De l’ulcère californien, au calme du Surrey. La working girl apprend la vie dans « The holiday »

Autant en emporte le temps :

La constante de ces romances c’est, comme dans Le lauréat (ben oui, encore), qu’elles impliquent en permanence une différence d’âge importante entre les protagonistes. Mel Gibson(Ce que veulent les femmes), Jack Nicholson (Tout peut arriver), Alec Baldwin (Pas si simple) et leur poulettes jouent tous sur le cliché du vieux beau qui refuse de vieillir. La touche Meyers c’est cette réflexion sur le temps qui passe.  Chacun de ses films compte son lot d’hommes et de femmes sur la fin de leur vie, qui tente de faire la paix avec le passé (Mention spéciale à Eli « Tuco » Wallach, en vieille légende Hollywoodienne dans The Holiday).

pas si simple

Mon ex, ma bimbo et mes 60 ans… Alec Baldwin dans « Pas si simple ».

Pour le Meyers et pour le pire :

Désolé pour ce titre. Vraiment. Pardon. Alors oui, on peut identifier un film de Nancy Meyers en un clin d’œil, et même le caricaturer assez facilement. Du genre : « Un vieux beau a quitté sa femme pour une jeune, et va apprendre à accepter son âge malgré son taf dans une grosse boite new yorkaise ». Et ça peut agacer. Sauf que c’est toujours fait avec sincérité et légèreté au service de bons sentiments, et de valeurs familiales bon enfant. Pour certains c’est cucul. Nous on trouve cette joie de vivre et cette légèreté incroyablement communicative. Dans cette époque trop cynique, ce genre de message positif nous est particulièrement nécessaire et agréable .Et donc Le nouveau stagiaire qui va confronter un retraité (DeNiro) à une jeune requin de la pub (Anne Hattaway), oui ce sera du pur Meyers… Et oui ce sera du pur bonheur.

Nancy Meyers, la lauréate
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