T2- Trainspotting 2

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Il avait fallu à Irvine Welsh, auteur de « Trainspotting » en 1993, 10 ans pour écrire sa suite « Porno ». Il en aura fallu le double à Danny Boyle, pour filmer ce qu’il advient de Renton après qu’il ait entubé ses soit disant potes. En 20 ans, le cinéaste aura fait comprendre au monde que son coup de maitre de 1996 n’était pas un coup de bol et qu’il est sans doute le plus grand réalisateur britannique actuellement en activité. Cette suite n’était donc pas crainte comme beaucoup de suites bâclées tant que le fer est chaud, mais fiévreusement attendue par les fans, certains que Boyle saurait transformer le temps écoulé en un incroyable outil narratif de cinéma. Les fans avaient raison.

Synopsis : Édimbourg, 2016. Vingt ans que Renton a volé l’argent du deal de coke qu’il devait partagé avec ses potes. Vivant aujourd’hui à Amsterdam un probléme de santé le pousse à faire face à ses démons. De retour dans sa ville natale, son chemin va recroiser celui de Spud, Sick Boy, et Begbie, ses potes de jeunesse, dans cette ville où la rancœur perdure depuis vingt ans.

Trainspotting avait déjà en lui, sous-jacente, cette thématique du temps qui passe. De la manière dont le temps nous fait évoluer différemment de nos amis et nous sépare. Mais ce hiatus de 20 ans est désormais le sujet principal de «Trainspotting 2 ». Qu’avons nous fait des promesses de notre jeunesse ? Que reste-t-il de ce champ des possibles de la vingtaine incarnée par Renton marchant enfin souriant sur ce pont, en route vers son avenir ? Boyle fait de sa suite bien plus qu’une suite qui répéterait la formule du film précédent. Il se lance dans une fascinante et poignante introspection sur le temps qui passe. A l’image du « Parrain 3 », ce film est un épilogue. Une annexe. Une exploration de la manière dont chacun aborde le vieillissement. Alors que le premier film avait en lui (malgré l’enfer de la drogue) le rythme, la folie, et les espoirs de la vingtaine optimiste désillusion, « Trainspotting 2 » a la nostalgie, l’amertume et les désillusions d’individus dans une quarantaine qui n’a pas su s’accomplir. La large place que prennent enfants et femmes déçues dans le film en sont le symptôme le plus frappant.

t2-trainspotting-2 critique

La drogue c’est drôle quand t’es jeune… Quand t’es jeune et que le temps n’existe pas

Torturé et amer le Danny Boyle ? Pas complétement. Même si sa vision du vieillissement masculin est assez désenchantée, il reste lui même et colle une sacrée pêche au film par un montage hyper efficace et son éternel humour noir qu’on aime tant. Comme à la belle époque, on se retrouve partagés entre comédie et drame, le poids des années en plus, les scènes surréalistes de trips en moins. On a fatalement un film plus réaliste mais certainement pas moins percutant. L’usage par Boyle à des moments clés d’images du premier film, n’y est pas pour rien, et est sacrément efficace. tels des flashs du passé filant une sacré baffe. Et puis il y a cette B.O. Comme celle du premier film elle mêle classiques des 80’s (re coucou Blondie), a des bombes plus récentes comme celles du rock de Wolf Alice et de l’electro de High contrast. N’oublions pas aussi ce putain de remix de ouf par Prodigy de l’emblématique « lust for life » D’Iggy Pop.

t2-trainspotting-2 critique

60 ans toujours la patate. Sacré Danny !

Et nos potes dans tout ça ? Faisons simple : Putain ça fait plaisir de les retrouver ! Ils ont beau être au choix : paumé, suicidaire, dans une voie de garage ou en taule, revoir Renton, Spud, Begbie, Sick boy c’est comme revenir là où vous avez grandis. L’impression que tout est différent mais que rien n’a changé. Âge oblige ils s’appellent désormais par leurs prénoms, et par moment les rides aux coins des yeux nous rappellent le passage du temps. C’est aussi pour cela que Boyle a attendu vingt ans pour dresser le bilan de leurs vies. Il voulait que le vieillissement des acteurs soit assez visible à l’écran pour servir son sujet. On ne vous fera pas l’affront de vous préciser que chacun semble n’avoir jamais quitté les pompes de son perso, tant ils en sont imprégnés. Un bravo particulier a Ewen Bremner , Spud, dont le personnage est ici le plus creusé. Sorte de laissé pour compte rigolo dans le premier film, son parcours incarnant la recherche de rédemption est bouleversant et résonnera encore en vous des jours après la découverte du film.

T2- Trainspotting 2

Apprendre de ses erreurs de jeunesse, voilà une chose importante…

Il y a vingt ans, Danny Boyle changeait nos vies de jeunes cinéphiles (pour ceux qui étaient nés). Maintenant sexagénaire, il se réapproprie son univers, et passe ses personnages au microscope du temps qui passe, livrant sans doute son film le plus personnel et le plus intéressant, sans se départir pour autant de son énergie et de son humour. C’est puissant, c’est drôle, c’est toujours aussi bien joué… Bref c’est du « Trainspotting » par Danny Boyle. Et c’est déjà en haut de notre top 2017.

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