Une vie moins ordinaire

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Quand ton petit film indépendant qui a couté 1.5M £ rapporte 72M £ , les chéquiers de Hollywood s’ouvrent bizarrement à toi. C’est ce qui est arrivé à Danny Boyle en 1997 après Trainspotting. Il revient donc à peine un plus tard avec John Hodge au scénario et Ewan Mc Gregor en tête d’affiche, comme pour « Petits meurtres entre amis » et « Trainspotting ». Cette fois ci pour un gros délire assumé. Réhabilitons un film bien trop sous estimé.

Synopsis : Robert est un loser. Auteur raté le soir, technicien de surface raté le jour. Son monde s’écroule quand le même jour sa petite amie le quitte, et qu’il se fait licencier. Fou de rage il débarque dans le bureau du patron pour récupérer son emploi, mais fini par enlever sa fille, Céline. Pendant ce temps au paradis, l’ange Gabriel envoie sur terre deux anges pour faire tomber amoureux Robert et Céline.

Troisième collaboration entre Boyle (réalisateur), Hodge (scénariste), Andrew Mc Donald (producteur), et Ewan Mc Gregor, « Une vie moins ordinaire » est une sorte de défouloir. L’œuvre de gosses anglais élevés aux films U.S. qui accomplissent leur rêve d’Amérique. Il en découle forcément un ton plus léger que les précédents, voir même carrément débridé. S’il y a bien une chose qui ne change pas c’est que la fine équipe ne sait toujours pas se limiter à un seul genre. Comédie romantique, fable surréaliste sur le destin, film de kidnapping, et même comédie musicale, ce film est un joyeux bordel ( ce qui lui est souvent reproché). Mais un bordel heureux et sincère, à l’image de l’amour vu par les rêveurs dont parle le film. Excitant drôle, tragique, mais toujours passionné.

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Attention derrière toi ! C’est affreux !

Danny Boyle lui s’en donne à cœur joie dans son filmage surréaliste déjà explorée largement pendant les trips des junkies de Trainspotting. D’un commissariat paradisiaque immaculé, à un numéro de danse sur un bar, en passant par un cœur magiquement transpercé de lumière, on est autant dans un rêve onirique que sur terre. C’est peut être ceci qui déconcertera certains spectateurs. Ce sentiment de ne pas savoir ce qu’on regarde vraiment. Mais pour qui sait se laisser porter le voyage est des plus agréables. Alors passons sur sa maitrise de la romance bien moins réussie que celle du thriller ou des courses poursuites. Ce petit film fourmille d’iddées originales, et le plaisir est bien là. D’autant que les morceaux choisis pour sa B.O. sont comme d’habitude chez Boyle un petit régal.

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Ouais, nan décidément on l’aime beaucoup ce film

Et puis ce qui fait plaisir c’est qu’avec un tel matériau, les acteurs se régalent. C’est sans doute ça, le vrai kiff du film. Stanley Tucci en dentiste barjot, Ian Holm en vieux PDG teigneux, Cameron Diaz qui en fait des caisses, Ewan Mc Gregor hilarant en gros loser, et Holly Hunter. Ah rien que Holly en ange à flingue accrochée à un capot de bagnole, ça nous fait notre journée.

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Le meilleur ange des 20 dernières années… Holly Hunter la déjantée

Une vie moins ordinaire a déçu à l’époque, pour de mauvaise raisons. Sans doute les gens attendaient ils un nouveau Trainspotting. A la place ils ont eu une sorte de Twin Peaks déjanté. Un film où si on cherche la cohérence on se perd. Par contre, si l’odyssée surréaliste et hilarante d’un pauvre type au pays des anges rédempteurs vous tente, ce film est pour vous. Pour les rêveurs

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