Westworld

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Vous ne le saviez peut-être pas, mais Yul Brynner était un cyborg ! Enfin, pas tout le temps, juste dans « Mondwest » (1973) en fait. Écrit et réalisé par Michael Crichton (« Jurassic Park »), le réalisateur y annonce déjà sa fascination pour les parcs à thèmes où l’attraction se retourne contre son créateur. Un excellent film d’anticipation devenu désormais série grâce à HBO.

Synopsis : A Westworld, un parc d’attractions dernier cri, les visiteurs paient des fortunes pour revivre le frisson de la conquête de l’Ouest au milieu d’androïdes à apparence humaine dans des scénarios pré établis et très élaborés. Tandis que les clients laissent libre-cours à leurs fantasmes, une mise à jour fait adopter à certains robots des comportements imprévisibles.

Dès 1950, le recueil de nouvelles Les Robots (I, Robot) d’ Isaac Asimov posait la question du trans-humanisme, comprenez de la naissance de la conscience chez une machine. Creusé peu après par Philip K. Dick en 1966 dans « Les androïdes rêvent ils de moutons électriques » (qui donnera Blade Runner en 1982), cette problématique visionnaire n’a depuis jamais cessé d’intéresser les fans de science-fiction. Terminator, A.I., Blade Runner, I Robot, Ex Machina, le genre n’est jamais aussi intéressant que lorsqu’il questionne la responsabilité de l’homme frappé d’un complexe de Dieu. C’était, sans cyborgs, ce que faisait aussi le Jurassic park de Crichton. Un thème que la série basée sur le film original décide d’explorer, avec la rébellion des machines, mais aussi d’enrichir.

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Veni, Vidi, Leonard de Vinci… Soucis

Car depuis la naissance du trans-humanisme, sont apparus les jeux vidéo, littéralement inexistants en 1973 quand le film fut réalisé. Avec eux et leur réalisme grandissants est apparue la question de la limite entre le jeu et la violence. Buter 350 piétons en poursuivant un maquereau en voiture, tient- il du défouloir ou du sadisme ? Le personnage de Ed Harris, joueur vétéran du parc cherchant à découvrir tous les secrets du parc, quitte à torturer du robot, est là pour poser cette question. Ouvertement sadique, est-il très différent de ce que seront dans quelques années des joueurs d’un GTA en réalité virtuelle ?

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De notre temps, pour les cheat codes on se contentait haut/haut/bas/Droite.Gauche X+Y

Les PNJ de ces jeux ont-ils une vie ? Les SIMS que vous noyez dans la piscine pour rire, ont une famille après tout. En posant ces questions passionnantes Jonathan Nolan et Lisa Joy vont bien au-delà d’une critique de nos comportements modernes, et posent surtout la question du destin. Car si nous vivions nous aussi dans la matrice, le remarquerions-nous ? Sommes-nous des SIMS ? Néo va-t-il nous sauver ? Morpheus mange-t- il des dragibus rouge ?

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Nan mais on s’en fout, elle est pas réelle… hein ?…Dites…

Inutile de vous dire qu’avec une telle réflexion, les créateurs ont soigné leur réalisation. Les images de l’Ouest hurlent « RED DEAD REDEMPTION », tandis que les labos froids où les robots sont créés ont les néons froids de l’Abstergo de « Assassin’s Creed ». Deux univers visuellement opposés, et hyper léchés, une B.O. assez irrésistible, iconisée dans ce piano mécanique jouant à la mode saloon des hits des 90’s. Et jeter dans le mix Anthony Hopkins en Dr Frankenstein plein de remords, et Ed Harris en pourriture absolue, on ne vous cache pas que c’est du caviar.

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Go Ahead…
Make my day !

Westworld est une nouvelle pierre à l’édifice des série instantanément cultes de HBO. Jonathan Nolan et Lisa Joy prennent avec brio le relai de Blade Runner et A.I. pour enrichir la réflexion avec la nouvelle donne des jeux vidéo. Le trans-humanisme du 21ème siècle est né sous nos yeux. Et ce n’est pas rien.

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