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The salvation

« Le western c’est un genre mort » nous disait encore hier notre boucher charcutier qui a un avis sur tout. Et bien non, figurez-vous. Carrément pas ! Même qu’après « True Grit » des Coen et « The Homesman » de Tommy Lee Jones, on peut vous dire qu’il n’est pas près de tirer ses dernières cartouches ! Kristian Levring habitué du Dogme de Lars Von Trier (comprenez « films chiants caméra tremblante à l’épaule ») s’essaie à son tour au genre. Un western Danois ? Tiens, tiens…

the salvation afficheSynopsis : 1870. Jon, Danois venu s’installer en Amérique sept ans plus tôt accueil enfin sa femme et son fils venus le rejoindre maintenant qu’il est établit dans ce nouveau pays. Mais en chemin vers la ferme, sa famille se fait tuer et il se venge. Il déclenche la fureur du chef de gang, Delarue.

Pour bien comprendre ce que ce malin de Danois a réussi à faire, un petit résumé du genre s’impose. Mode Pierre Tchernia On - Jusqu’au début des années 60 le western est genre phare du cinéma américain. Glorifiant les gentils cow boys contre les vilains indiens, il nourrit la mythologie du pays et flatte l’égo du peuple. Evolution des cultures oblige, ce schéma historiquement faux ne dure pas et très vite l’Ouest est démystifié. « Le train sifflera trois fois » (1952- F.Zinnemman) dépeignait assez tôt un Ouest fait de lâches, et dix ans plus tard  « L’homme qui tua Liberty Valance » (1962- J.Ford) dénonçait la fausseté des légendes de l’Ouest. Alors que le mythe américain prenait cher, et que le publique U.S. boudait le genre, un second souffle arriva d’Europe dès 1964. Avec « Pour une poignée de Dollars », et bien d’autres films, Sergio Léone et ses amis fascinés gamins par les cowboys rêvent de réinventer ce mythe. Libres de tout patriotisme, ils le peuplent de salopards, de putains, de second degré et de vengeances sanglantes. On retiendra aussi « Django » et « Le grand silence » deux perles sombres et violentes de Sergio.Corbucci (1966 et 1968).
poignée de dollars eastwood
Bienvenue en Europe Cow boy. Tu vas manger cher !

Bon le cours est fini désolé mais c’était important. Parce que The Salvation, est typiquement le genre de Western européen qu’on pouvait voir dans les années 60. Et ça, nom d’une fille de joie de saloon, ça fait du bien ! Ce film est l’anti « Django Unchained »,  film certes efficace mais basé uniquement sur l’esthétique « Sergio Léone ». Levring lui est plus sincère et réfléchit. Il digère toutes les références précitées (américaines et européennes) et nous sort un film peuplé de lâches -comme chez Zinnemann- de salauds, de femmes de caractère et de politiques véreux -comme chez Léone- et de héros malmenés quasi muets –comme chez Corbucci. Bref comme à l’époque du western Spaghetti, ce western nordique est le film d’un gamin fan de western qui en a bouffé au kilomètre et qui recrache sa passion à l’écran.
the salvation critique
Oh putain, ça va chier !

Pas fou Levring sait que pour arriver à ce qu’il veut, (un western européen à l’ancienne) il a besoin d’un casting international de choix. Si Léone avait Claudia cardinale et Bronson, ou Corbucci jean Louis Trintignant et Kalus Kinski, Levring invite Mads « Hannibal » Mikkelsen, Eva Green (Française donc) et le colossal américain Jeffrey Dean Morgan. Des choix absolument parfait puisque héros plus impassible et mutique que Mikkelsen c’est dur ! Et Plus salopard moustachu que Dean Morgan, c’est compliqué. Tout comme plus sexy à mourir que Eva Green, il faut remonter à Claudia Cardinale justement. Tous à fond dans leur rôle, et servis par des historiques riches, ils campent une galerie de personnages digne des plus grands westerns. Des archétypes du genre. Ce film pourrait s’appeler « Le mutique, le salaud et la balafrée », et sortir en 1965.

the salvation critique
Je sais pas toi, mais moi j’ai kiffé bébé !

On pourra sans doute reprocher à Levring d’être trop lent ou contemplatif. Mais ce serait lui reprocher d’être scandinave donc bon… C’est aussi ça le western européen. Voir comment une mythologie parcours le monde et change de forme tout en restant la même malgré tout. Le western scandinave est donc fait de vengeance, de gros plans, d’un casting international en béton, d’icônes du genre, au ton désespérément pessimiste et dépouillé. A mi-chemin entre Corbucci et Ford, Léone et Zinneman. Un grand western. Tout simplement.

Pr Wicked

 

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Un film de Kristian Levring
Avec Mads Mikkelsen, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan

Tag : western, mads mikkelsen, jeffrey dean morgan


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